Dans le monde,  Ecosse

Edimbourg, sombre et mystérieuse

Que dire de cette magnifique et lugubre ville si ce n’est qu’elle est passionnante par son histoire, ses légendes et ses monuments ? Après un long week-end dans la capitale écossaise, je vous raconte ici les histoires qui m’ont le plus marqué ! Mais avant ça, voici un bref récapitulatif historique afin de mieux les situer et les comprendre.

Image de couverture : Bakerhouse Close – Lieu de tournage pour la série Outlander (imprimerie de Jamie)

C’est à partir des années 1500 qu’Édimbourg prit une autre tournure. Par peur d’être envahis par les Anglais, ils construisirent le Flodden Wall, une grande muraille qui entoure l’ensemble de la ville. Venant chercher refuge, beaucoup de familles vinrent s’y installer. Son entrée étant payante comme sa sortie, la plupart rentrait mais n’en ressortait jamais. La population grandissait donc à une vitesse impressionnante. Les maisons ne suffisaient plus. Ils construisirent alors des étages allant jusqu’à douze. L’hygiène était au point zéro. Chacun versait ses pots de chambre et autres eaux usagées directement dans les rues ou par les fenêtres. Les maladies grouillaient et des épidémies vinrent frapper la ville. Les chances de survit étaient de cinq pourcents. Il y eut donc énormément de morts. Tellement, que la ville ne savait plus où mettre les cadavres. Des histoires racontent qu’on aurait alors utilisé les corps : la peau pour faire des couvertures de livres, les cheveux pour agrémenter le mortier et fortifier les murs, et le sang pour les peindre. Il plane donc sur la ville toute une ambiance un peu glauque lorsque l’on y pense.

La visite du Mary king’s close résume bien cette sombre période. On y découvre un véritable labyrinthe souterrain, puisqu’au fur et à mesure du temps, des maisons se construisirent carrément au-dessus des rues. Les familles y habitaient par centaines, dans le noir et dans la crasse. C’était toute une mini ville qui grouillait sous terre, avec son marché, ses vaches, ses enfants et ses cadavres, morts de la peste.

C’est donc avec cette ambiance et ce passé bien pesant et glauque que je vous emmène découvrir quelques légendes de fantômes et de sorcièr(e)s !

Le sorcier d’Édimbourg

Au 17ème siècle, alors que sorcières et sorciers étaient brûlés tout en hurlant leur innocence, c’est un homme qui un jour se dénonça lui même de pratiquer la sorcellerie.

Ancien soldat de confiance, vivant à Édimbourg, le Major Thomas Weir tomba malade. Il perdit peu à peu la tête et commença à crier sur les toits qu’il pratiquait la magie. Il sortait tout vêtu de noir, une grande canne à la main. Tous avaient connaissance de sa maladie et ne relevaient pas ses propos. C’était un homme, il perdait la tête, alors personne ne s’en inquiétait. Pourtant, il continuait de parler de ses pratiques, de son pacte avec le diable et de son service envers Satan. Un jour, sa sœur se confia et avoua les actes horribles de Thomas. Cela suffit. Il fut donc emprisonné pour sorcellerie au Tolbooth puis brûlé avec sa canne.

Sa maison fut laissée à l’abandon. Par superstition, plus personne ne voulut y habiter. Pendant près d’un siècle la demeure resta vide. Après tant d’années, une famille prit la décision de s’y installer. Mais pour très peu de temps car terrifié par des esprits ils partirent pour ne plus jamais revenir. Encore une fois la maison se retrouva sans personne. Alors, le bâtiment fut détruit et un autre fut construit, aujourd’hui sous le nom de Quaker Meeting House. Pour les curieux, on y retrouve encore dans les toilettes les vestiges de l’ancienne demeure !

Pendue mais toujours vivante …

C’est en 1724 qu’une jeune vendeuse de poisson nommée Maggie Dickson fut condamnée à mort. Épouse d’un marin peu fidèle qui finit par partir avec une autre, elle se retrouva seule et sans travail. Après plusieurs années passées dans la misère, elle tomba amoureuse d’un autre homme avec qui elle eut un enfant. Forcée de le cacher, car officiellement encore mariée, elle dut cacher sa grossesse. Lors de son accouchement, la malchance la poursuivit puisque son bébé mourut après sa naissance. C’est en partant l’enterrer discrètement à la rivière Tweed, qu’un homme l’arrêta et découvrit sa grossesse cachée et son bébé, mort. Accusée d’infidélité envers son mari et d’infanticide, elle fut condamnée à mort et pendue quelques jours plus tard sur la place de Grassmarket.

C’est lorsqu’on emmena Maggie au cimetière pour l’enterrer, qu’on entendit des bruits venant du cercueil. Elle était toujours vivante ! Mais la loi est la loi. On ne peut condamner deux fois une personne pour la même cause. Maggie fut donc sauvée et relâchée. Elle retourna auprès de son homme avec qui elle finit sa vie.

Aujourd’hui on peut voir un bar portant son nom juste devant la place où elle fut pendue.

Un dernier verre avant de mourir ?

C’est juste à coté du Maggie Dickson’s Pub que se trouve The Last Drop. C’est ici, juste en face de la place où se trouvait le gibet que les condamnés à mort buvaient leur dernier verre. Aujourd’hui en rénovation, je n’ai pas pu voir la façade.

L’hommage aux sorcières

Sur le parvis, à l’opposé du château d’Édimbourg, une petite fontaine avec une plaque commémorative se cache dans un angle. Nommée Witches’ Well, elle est l’œuvre de l’artiste John Duncan en hommage aux personnes tuées pour sorcellerie au 16ème siècle. Sur cette place même, près de 300 exécutions auraient eut lieu.

La plaque représente deux visages entourés d’un serpent qui symbolise le duel et l’équilibre entre le bien et le mal. Le premier visage représente celui d’Esculape ou Aesculapius, dieu de la médecine et le second celui de Hygeia, déesse de la Santé. On y voit également une digitale, plante connue pour ses bienfaits mais aussi pour sa toxicité. Symbole du bien et du mal.

Cette plaque montre donc les deux faces cachées de ces “sorcières” : le côté bienfaisant des femmes qui utilisaient la médecine des plantes pour soigner alors qu’elles étaient vues comme des suppôts de Satan, voulant faire le mal.

On peut voir dans le coin à gauche des chiffres romains correspondant aux dates 1479 et 1722, la plus grande période de persécution.

Les petits cercueils d’Arthur’s Seat

St Anthony’s Chapel sur les hauteurs d’Arthur’s Seat

C’est sur les hauteurs d’Arthur’s Seat qu’en 1836, un groupe de jeunes garçons trouvèrent 17 petits cercueils à moitié enterrés sous des rochers. Faisant tout au plus 10 cm de long, ils contenaient chacun une petite poupée en bois recouvert de tissu. Sans aucune écriture ni gravure, il est difficile de savoir d’où viennent ces petits objets. Leur aspect et leur emplacement laisse suggérer qu’il s’agirait de fétiches issus d’un rituel magique pour protéger dans l’au-delà les 17 victimes de William Burke et William Hare.

Aujourd’hui, les cercueils sont visibles au National Museum of Scotland.

Lire : Dans le cimetière de Greyfriars

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