Légendes et mystères de Prague

Prague est une ville pleine d’histoire et de légendes. Des châteaux aux églises en passant par de vieilles maisons, chaque partie recèle d’anecdotes aussi bien ésotériques qu’imaginaires. Connue pour avoir abrité de célèbres alchimistes et magiciens, cette ville est une pépite pour les passionnés de légendes et de magie.

Voici donc quelques histoires rapportées de mon séjour à Prague !



- MAGIE ET ESOTERISME -


Le pont Charles


Le pont date du XIVe siècle. Il fut construit par Charles IV pour relier la vieille ville au quartier de Mala Strana en traversant la Vltava. Afin de le rendre indestructible, le roi demanda l’aide de l’astrologue Zdeněk Horský, qui lui conseilla de commencer la construction du pont en 1357, le neuvième jour du septième mois de l’année à 5h31 : une date palindrome qui se lit dans les deux sens :


1 3 5 7 9 7 5 3 1


Pour assurer son invincibilité, les architectes lièrent le mortier avec des œufs venant des villages alentours.

Au milieu du pont, on peut voir la statue en bronze de Jean Népomucène qui aurait été jeté par-dessus la balustrade en 1393, après avoir été torturé par le feu pour avoir refusé de divulguer les confessions de la reine au roi Venceslas IV, fils aîné de Charles IV. Depuis, ce prêtre catholique est devenu un symbole de véracité et de fidélité ainsi que le saint des bateliers et des ponts. La légende raconte qu’à l’endroit où le corps aurait refait surface, une couronne à 5 étoiles serait apparue dans le ciel. Aujourd'hui, une plaque se trouve à la base de la statue où l'on peut voir la matière dorée d’origine, nettoyées par les mains des visiteurs cherchant bénédiction.




Rodolphe II


C’est bien Rodolphe II qui fit de Prague la capitale de l’occulte en Europe. Tout comme Charles IV, il est passionné par les sciences occultes et fit évoluer Prague de manière symbolique en suivant les lois de l’astronomie. Il n’aimait ni la guerre, ni la politique. Certains dirent qu’il n’avait pas du tout les qualités nécessaires pour gouverner. Très attaché à l’art mais aussi aux sciences, il fit venir de nombreux alchimistes au sein de son château, notamment dans la ruelle d’or, afin de parvenir à trouver la pierre philosophale. La ville devint celle des magiciens et attirait toutes sortes d’alchimistes, devins, mathématiciens et astrologues comme le célèbre John Dee. Le règne du Roi Rodolphe II et de Charles IV sont considérés comme l’âge d’or du pays.



Les alchimistes de la ruelle d’or


Le long des remparts du Château de Prague se trouve la ruelle d’or. Célèbre pour ses alchimistes qu’elle abritait, elle fut le noyau des sciences occultes. Soutenus par l’empereur Rodolphe II qui était passionné par ces arts ésotériques, de nombreux adeptes et sorciers se mirent à chercher les secrets de la pierre philosophale et de l’élixir de vie.

Aucun écho ne dit qu’ils y seraient parvenus, mais d’autres inventions en seront à l’origine comme le premier livre de recette par l’alchimiste Mr Rodovsky ou encore, la découverte du whisky.

Parmi les habitants on retrouvera notamment l’écrivain Franz Kafka au numéro 22 et la célèbre voyante Madame Thèbes au numéro 14, qui fut assassinée par la Gestapo après avoir prédit l’échec du IIIème Reich. Les derniers habitants ont dû quitter la ruelle lorsque les communistes arrivèrent au pouvoir. Aujourd’hui il est possible de visiter les maisons. Des explications et des petites mises en scènes sont reproduites dans chacune d’elles afin de raconter leur histoire.


“Une fois de plus j’en suis certain, je peux entendre le doux battement des tambours sous la terre, et je ne suis toujours pas en mesure de trouver une explication à cet étrange phénomène.” Franz Kafka



L’horloge astronomique


L’horloge astronomique a été construite en 1410 par Nicolas de Kadau puis modifiée par le maître Hanus de la Rose (fin 1400), qui pendant près de 30 ans, l’a entretenue et y a apporté des modifications afin de l’améliorer.

Les Pragois sont émerveillés devant le spectacle qu’offre l’horloge toutes les heures : un squelette avec un sablier tire sur une corde qui fait apparaître douze apôtres puis St Pierre. A côté, quatre automates représentant chacun la mort, la convoitise, la vanité et l’avarice s’animent et la cloche se met à sonner. Le fond du cadran fixe représente la terre et le ciel. Sur celui-ci, on peut voir quatre éléments qui se déplacent : un cercle avec les signes du zodiaque, un cercle avec des chiffres qui indiquent le nombre d’heures écoulées depuis le coucher du soleil, le soleil et la lune. On peut donc y lire l’heure, la position du soleil et de la lune, les phases lunaires, les signes astrologiques et autres informations.


Fiers de leur merveille et par peur qu’Hanus de la Rose fabrique une autre horloge du même genre ailleurs, la légende raconte que les conseillers municipaux demandèrent de crever les yeux du maître. Pour se venger, ce dernier arrêta le mécanisme et l’horloge fut silencieuse de nombreuses années.


Depuis, l’horloge ne doit en aucun cas s’arrêter auquel cas les Pragois y voient un mauvais présage. En 2002, elle s’était justement immobilisée peu avant les inondations qui ont ravagés la capitale.



- CONTES ET LEGENDES -


Le Golem


C’est au XVIème siècle, que le rabbin Löw ou Loew aurait créé un Golem afin de protéger son peuple de la persécution juive. Fait de vase et d’argile, il lui aurait donné la vie en écrivant "EMET" (vérité) sur son front. Pour le tuer, il aurait suffit d’effacer la première lettre pour donner "MET" (mort). Etant devenu trop imposant et grand, le rabbin n’eut d’autre choix que de recourir à la ruse : il demanda au Golem de lacer ses chaussures pour ainsi tomber et redevenir argile. La créature perdit l’équilibre et tomba. La légende raconte que le rabin serait mort, écrasé sous le poids du Golem. Aujourd’hui, ce dernier serait toujours enfermé en haut de la synagogue Vieille Nouvelle dans le quartier de Josefov, prêt à se réveiller et revenir.




Le Docteur Faust


C’est dans le quartier de Nové Mesto au XVIème siècle, que le docteur Faust vendit son âme au diable. Désirant de percer les secrets de l’univers, de la vie et de la mort, de la beauté éternelle, de l’amour et de la connaissances absolue, l’alchimiste échangea son âme à un des 7 princes de l’enfer : Méphistophélès. Ce dernier lui donnera tout ce qu’il désire et cela pour une durée de 24 ans. Faust devint alors un nécromancien et un magicien en soif de vérité. N’y parvenant pas et les 24 années étant écoulées, il mourut, happé en enfer par le plafond de sa maison.




Pérak


Pérak est un fantôme qui forge sa légende pendant la seconde guerre mondiale. S’amusant à combattre les forces nazies en bondissant partout dans les rues de Prague à l’aide de ses ressors, il devient un héro protecteur pour la population.



La main coupée


La légende raconte qu’un homme se serait introduit dans l’église Saint Jacques afin de voler bijoux et pierres précieuses. Stoppé dans son élan, la statue de la Vierge lui aurait attrapé le bras et maintenu jusqu’au petit matin où on le retrouva. Finalement elle fut coupée et pend encore aujourd’hui au bout d’une chaîne à l’entrée de l’église.




Les trois piliers


Trois piliers brisés se trouvent devant l’église Saints Pierre et Paul. Ils auraient été jetés là par le diable après un accès de colère. Ils sont aujourd’hui symbole d’avertissement pour ceux qui hésiteraient à échanger leur âme au diable.



Le sonneur au doigt de feu


C’est depuis le XVIème siècle, que cette légende fait parler d’elle à Prague. Un sonneur de cloche se serait fait punir après avoir volé des cierges dans des églises. Il aurait été obligé de continuer son travail en s’éclairant à l’aide de ses propres doigts enflammés. Aujourd’hui, il déambulerait dans les ruelles, du feu au bout des doigts, protégeant les villageois des voleurs.



Na Frantisku, le revenant indien


Un indien issu d’une troupe de saltimbanques venus distraire les Pragois est mort et fut enterré à Prague. N’ayant pas trouvé la paix, loin de son pays d’origine, il rode non loin de sa dépouille sur le quai de la Vltava. Seul le rapatriement de son corps mettrait fin à ses errances. Cependant, l’endroit exact où se trouve son corps reste introuvable.



Kampa


Kampa est le plus célèbre des génies des eaux. Bon vivant et amateur de bière, il ère sur l’île de Kampa ainsi que dans les brasseries de la ville.




La colline de Petřín


C’est sur la colline de Petřín, à la place de l’église Saint-Laurent, qu’un autel de sacrifices était installé en hommage aux dieux païens. De jeunes vierges y étaient brûlées vives. On raconte aujourd’hui, qu’il est possible de voir apparaître des flammes aux pouvoirs magiques et guérissant.


Il y a encore des dizaines et des dizaines de légendes ! Des livres qui les relatent sont disponibles dans plusieurs boutiques à Prague. Si vous êtes adeptes de ses histoires, je vous conseille fortement de vous y pencher. Beaucoup de légendes sont issus de faits réels, principalement des guerres et persécutions. Ce qui permet de faire un bond en arrière et de comprendre d’avantage l’histoire de ce pays.

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