La Sirène de Varsovie

C’est le temps d’un week-end, que nous nous sommes rendu à Varsovie, en Pologne. Nous sommes montés en haut du Palais de la Culture et de la Science, avons écouté du Chopin dans le parc Łazienki, deviné le cœur de Chopin dans l’Eglise de la Sainte-Croix, découvert la vieille ville et mangé des pierogis et du zurek sur la place du marché. C’est sur celle-ci que j’ai enfin pu observer la célèbre statue de la Sirène et prendre connaissance de sa légende …


Il y a fort longtemps, une sirène se perdit dans la mer Baltique pour venir déboucher dans un fleuve passant dans la ville de Varsovie. Elle regagna la surface au niveau de ce qui est aujourd’hui la vieille ville. Elle se plut ici et décida de rester sur la rive.

Comme chaque jour, des pêcheurs vinrent le long du fleuve en quête de poisson lorsqu’ils aperçurent une agitation anormale. Ce n’était pas un banc de poissons mais bien une sirène qu’ils avaient devant eux. Surpris, ils voulurent l’attraper. Sentant la menace, celle-ci chanta de sa voix enchanteresse a l’attention des pêcheurs. Sa voix les envoûta et restèrent cloués devant cette beauté, incapable de continuer leur menace.


Le temps passait et sa présence se fit accepter par tous, le village étant totalement séduit par la créature. Un jour, un riche marchand arriva dans la ville et à son tour prit connaissance de la sirène. Obsédé par l’argent et par l’idée que pourrait lui rapporter cette trouvaille, le chant ne l’atteignit pas du tout. Il décida alors de plonger dans les eaux et de la ramener à la surface pour l’enfermer. La sirène fut surprise par cette apparition humaine dans son territoire et n’eut pas le temps de se défendre.

Piégée et isolée dans une cage, elle pleura sa faiblesse et sa liberté.


Une nuit, un pêcheur passant non loin, entendit ses cris et reconnu la belle. Aidé par d’autres villageois, ils décidèrent ensemble de la délivrer de ce marchand scrupuleux.

Elle retrouva enfin le fleuve, aidé par ses hommes dévoués. Elle fut reconnaissante à jamais et jura de leur donner aide et protection pour toujours.


Aujourd’hui, une statue la représente, une épée à la main, prête à protéger ses hommes. Elle est devenu l’emblème de Varsovie.

Après la guerre, la ville fut en grande partie détruite. Le nombre important de bâtiments modernes reconstruits par la suite nous le montre bien. Même si la vieille ville actuelle semble avoir bien résisté, beaucoup de façades ont été recréées après la destruction. La sirène en faisant parti. Elle fut retrouvée en plusieurs morceaux. C’est à l’aide d’un poème écrit par le poète Pablo Neruda qu’on se rend compte que cette emblème resta et restera cher dans le cœur des polonais :


“ Ainsi ils remontèrent, avec amour, nettoyant la cendre. Il était tard, la nuit, la fatigue, la neige ralentissant leurs pelles. Ils ont creusé, retrouvant d’abord la tête, et les seins blancs de la douce morte, son habit de Sirène, et pour finir son cœur, sous la terre, enterré et brûlé mais vivant, et aujourd’hui il vit, palpite, au milieu de sa beauté reconstruite.”


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